Sortie de Secours

Cabaret Psychiatrique

Diagnostique

          Notre société est de plus en plus encline à restreindre les libertés de l’être, à les normer, à leur donner des règles…Bref à nous mettre dans des cases! L’identité sexuelle, raciale, l’expression des émotions fortes, des malaises, des désaccords, doivent être lissés, retenus, polis. Il nous est apparu comme vital de créer un spectacle aux antipodes de ces dogmes pour revendiquer nos pulsions, nos doutes, nos passions…  Notre société est de plus en plus encline à restreindre les libertés de l’être, à les normer, à leur donner des règles…Bref à nous mettre dans des cases! L’identité sexuelle, raciale, l’expression des émotions fortes, des malaises, des désaccords, doivent être lissés, retenus, polis. Il nous est apparu comme vital de créer un spectacle aux antipodes de ces dogmes pour revendiquer nos pulsions, nos doutes, nos passions…

          Autour de quatre personnages, notre cabaret psychiatrique évoque la complexité de l’inconscient, le rapport entre réel et fantasmes, entre dérive individuelle et sociale.  Au travers de jeux clownesques et de chansons, l’ambition est de donner au spectateur le miroir de sa propre fragilité et de la frontière ténue entre normalité et folie.

          Nous avons eu envie de raconter ces « borderline » que nous sommes, en faisant de nos monstres intérieurs et de nos passions dévorantes, un spectacle loufoque, surréaliste et émouvant.
C’est bien plus en hommage aux courants de pensée de la psychiatrie institutionnelle (fruit de la révolution anti-psychiatrique) qui prennent le “fou” dans son humanité (Oury, Foucault, Deleuze, Guattari, Lacan…) qu’en dénonciation du cliché de l’hôpital psychiatrique que nous avons alimenté notre recherche artistique.

Symptôme

          Le documentaire de Nicolas Philibert « La moindre des choses » sur une expérience théâtrale de mise en scène avec des patients de la clinique de La Borde nous a fortement inspiré.Le documentaire de Nicolas Philibert « La moindre des choses » sur une expérience théâtrale de mise en scène avec des patients de la clinique de La Borde nous a fortement inspiré.

          Fortement inspirés par nos expériences personnelles, thérapeutiques et pathologiques!, par nos voisins ou nos proches diagnostiqués médicalement ou socialement comme « fou », par un vécu en tant qu’animatrice (pour Juliette Zollkau Roussille) à la clinique psychiatrique de La Borde, par des recueils de témoignages (auprès de psychanalystes et de transexuels), nous avons étayé nos recherches par de nombreux documents dont nous donnons ici quelques références.

Bibliographie

Journal d’une schizophrène, M.A. Sechehaye (1950)
Quand j’avais cinq ans je m’ai tué, Howard Buten (1981)
Mémoires d’un névropathe, de Daniel Paul Schreber (1903)
Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim (1976)
Histoire de la folie, de Michel Foucault (1961)
Mon corps est un champ de bataille, collectif aux éditions Ma colère (2009)

Filmographie

La moindre des choses, documentaire réalisé par Nicolas Philibert (1996)
Histoires autour de la folie, documentaire réalisé par Paule Muxel et Bertrand de Solliers (2006)
Dédale, film réalisé par René Manzor (2003)
Vol au-dessus d’un nid de coucou, film réalisé par Miloš Forman
Présentation du spectacle

          Afin de faire partager son prétendu savoir thérapeutique, Phoenix, transexuelle cinquantenaire, joviale et déjantée, à la fois narcissique et généreuse, met en scène sa pièce de théâtre de rue avec ses camarades psychotiques.  Mais voici sa troupe: Wendla, jeune schyzophrène, vit quant à elle dans un conte de fée aux allures de comédies musicales. Dick, persuadé de ne pas faire partie de la bande des « quatre tarés » ne se préoccupe que de retrouver son contrat. Quant à Pie, elle vit toujours décallée, dans un monde hors-temps. C’est pourtant elle qui définit le mieux les réalités cachées.

          Alors que Wendla se prend pour Blanche Neige,  que Dick revendique sa normalité, que Pie vogue au gré des particules, Phoenix tente de mettre en place son oeuvre théâtrale révèlant sans cesse son obsession d’identité sexuelle.  Au travers de leurs relations passionnelles, c’est son drame personnel qui se joue.

Vidéo

L’Equipe

Agnès Clauzel

Flûtiste depuis l’âge de 5 ans, elle se passionne pour les musiques traditionnelles (flûte, cornemuse et chant). Elle poursuit des études musicales au conservatoire ainsi qu’à la faculté de musique de Lyon. Puis son expérience de la rue et de la déambulation lui donne envie de développer le rapport théâtral au public. Son interprétation de Pie, personnage quasi autistique, révèle une grande sensibilité dans son jeu d’acteur.

Pie

Pie est un homo sapiens sapiens de sexe femelle. C’est une fille! Sa maladie indéfinie est de tout définir.

Thierry Legal

Machiniste pendant 25 ans dans le cinéma, Thierry quitte le milieu parisien pour l’Ardèche. Très vite adopté par le Théâtre de Caniveau, il devient le technicien du spectacle Socrate dans « Sam Suffi » en 2010. Il bidouille tous types de matériau pour le théâtre. Dans ce projet, il exploite aussi sa verve naturelle et son jeu clownesque instinctif.

Dick

Dick ne fait pas partie de la bande des 4 débiles. Il est là car il cherche son contrat et éventuellement une manière de sortir de sa tête.

Juliette Roussille

Après des études d’anthropologie, elle se forme à diverses techniques du spectacle vivant: théâtre gestuel et acrobatie (Le Samovar, théâtre école de Bagnolet), clown (Eric Blouet, Michel Dallaire), chant (lyrique, jazz et indien). Elle a fondé le groupe Chet Nuneta, produit par les Têtes Raides et distribué par Harmonia Mundi, pour lequel elle compose et joue (chant, guitare) : projet toujours en diffusion.

Wendla

Wendla euhhh…pardon Blanche Neige est émotive et perverse. Après un drame familial, elle a perdu ses jambes.

Guy Zollkau

Guy a déjà plusieurs spectacles à son actif : Socrate et Sécotine , Socrate dans « Sam Suffi », Mazout et Neutron. Sa principale formation est celle de la rue et du bitume sur lequel il a forgé ses personnages. Après Mazout, le grand noir benêt et dangereux, Socrate, le clochard tendre et cynique, le voici en Phoenix, magnifique transexuelle loufoque qui s’imagine thérapeute. Guy ne peut jouer que ce qui lui tient vraiment à coeur. C’est ici sa part de folie féminine qu’il dévoile.

Phoenix

Phoenix est une transexuelle maternelle et déjantée. Elle fut une grande danseuse. C’est d’ailleurs après s’être noyée dans le lac des cygnes qu’elle est devenue thérapeute. Grande amatrice de théâtre de boulevard, elle ne jure que par Jean Lefèvre et est l’inventrice de la théatralitérapie.